Chez IBM, entre 2010 et 2015, la charge de travail changeait constamment : projets qui se chevauchaient, clients avec des priorités différentes, semaines de vente qui n’avaient rien à voir avec les semaines de livraison de projet. Le premier réflexe, comme beaucoup, était de chercher la bonne méthode de gestion du temps : blocs de temps une semaine, listes de priorités la suivante, une application de tâches abandonnée deux semaines plus tard pour une autre.
Aucune de ces méthodes n’avait vraiment le temps de prouver qu’elle fonctionnait ou non. Chacune était remplacée avant la fin du mois par la suivante, généralement après une semaine particulièrement chargée qui semblait prouver que la méthode en cours ne suffisait pas.
Le problème n’était presque jamais la méthode elle-même. C’était le fait de la remettre en question chaque semaine au lieu de la laisser tourner assez longtemps pour voir si elle tenait. Une méthode de gestion du temps a besoin de plusieurs semaines, pas de plusieurs jours, avant qu’on puisse honnêtement juger si elle fonctionne. Changer plus tôt que ça revient à ne jamais vraiment tester quoi que ce soit.
Points clés
- Le problème n’est presque jamais la méthode elle-même, mais le fait de la remettre en question chaque semaine au lieu de la laisser tourner assez longtemps.
- Une méthode a besoin de plusieurs semaines d’usage honnête avant qu’on puisse honnêtement juger si elle fonctionne.
- Un créneau fixe du lundi pour planifier et un créneau fixe du vendredi pour vérifier ont fait plus que la structure interne de n’importe quelle méthode précise.
- Garder une méthode identique pendant les semaines imparfaites est ce qui lui a permis d’être réellement testée.
- La plupart des méthodes de gestion du temps populaires fonctionnent raisonnablement bien ; ce qui les fait échouer, c’est de ne jamais leur laisser le temps de le prouver.
Ce qui a fini par fonctionner
La méthode qui a tenu n’était pas particulièrement sophistiquée : un seul moment fixe chaque lundi matin pour revoir la semaine entière et fixer trois priorités réelles, et un seul moment fixe chaque vendredi pour vérifier honnêtement ce qui avait été fait. Le reste de la semaine restait flexible. Ce qui rendait cette méthode différente des précédentes, ce n’était pas sa structure, mais le fait de la garder identique pendant plusieurs mois consécutifs, y compris pendant les semaines où elle semblait imparfaite.
Une méthode qu’on abandonne dès la première semaine difficile n’a jamais vraiment de chance de prouver sa valeur. La plupart des méthodes de gestion du temps qui existent fonctionnent raisonnablement bien. Ce qui les fait échouer, en général, c’est qu’on ne leur laisse jamais le temps de le montrer.
FAQ
Comment savoir si la méthode actuelle ne fonctionne vraiment pas ?
Après plusieurs semaines consécutives d’utilisation réelle et honnête, pas après une seule semaine chargée. Si le suivi du vendredi montre un schéma clair de ce qui échoue, chaque semaine, c’est un vrai signal. Une seule mauvaise semaine ne l’est pas.
Faut-il utiliser une méthode connue et reconnue, ou en inventer une ?
Peu importe laquelle, à condition qu’elle inclue un moment fixe pour planifier et un moment fixe pour vérifier honnêtement ce qui a été fait. La plupart des méthodes populaires incluent déjà ces deux éléments sous des formes différentes.
Que se passe-t-il une semaine où la méthode n’est vraiment pas suivie ?
Une semaine sautée ne disqualifie pas une méthode, pas plus qu’une semaine chargée. Ce qui compte, c’est que le bilan du vendredi ou son équivalent reprenne le lundi suivant, plutôt que tout le système soit discrètement abandonné.



